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L’agressivité

Etat de conflit ouvert ou latent qui, dans les couples, peut mener à un divorce ou à des violences physiques.
 
Statistiques : 175 fois plus de dépenses pour la guerre que pour la solidarité, + 13,8% de délinquance, + 14% de viols, +18% de vandalisme entre 1997 et 1998.
 
L’agressivité est un instinct, une pulsion. Pour Lorenz, l’Homme serait un tueur né s’il n’y avait pas de législateurs.
La pulsion de mort entraîne l’Homme à détruire et à s’autodétruire. Rejet, voire élimination de ceux qui sont considérés comme différents.
Si l’agressivité fait partie de la nature humaine, on ne peut pas espérer une société sereine. L’Homme peut être plus violent, agressif et dangereux que l’animal.
 
D’autres auteurs ont montré des points de vue différents de Lorenz et Freud (retour de l’Homme à l’état organique) disant que l’agressivité est réactionnaire, en réponse à un état d’angoisse ou d’anxiété.
L’agressivité est due à des prédispositions innées (testostérone, etc.). Cette réponse agressive est également conditionnée par le milieu (80 % des détenus ont un niveau scolaire inférieur au certificat d’études / brevet des collèges et 20 % sont illettrés).
 
Chez l’Homme, un lien personnalisé avec l’adversaire bloque l’incitation à la violence. L’ennemi abstrait facilite l’agressivité. Quand les gouvernants déclarent la guerre, ce n’est pas par agressivité mais par intérêt. La propagande fait que l’individu va adhérer à une cause ou à une idéologie. Utilisation de slogans contre l’ennemi qui cristallisent l’agressivité et empêchent la fraternité. Conditionnement des combattants pour qu’ils aillent attaquer.
 
Les causes de l’agressivité
 
Le milieu familial, social et scolaire peut engendrer l’agressivité et la violence. Les inégalités, la promiscuité et le bruit entraînent l’agressivité. L’isolement, l’enfermement et le manque de solidarité entraînent la frustration puis l’agressivité.
L’Homme devient violent quand il ne peut pas créer et quand il n’est qu’un exécutant et ne peut prendre de décisions.
Chez les enfants déterminés à la violence, il faut des circonstances qui développent cette violence : cinéma, télévision, compétition, examens, etc.
 
L’étude des sociétés primitives et préhistoriques montre des sociétés violentes et des sociétés moins agressives ce qui prouve que l’Homme n’a pas le même degré d’agressivité innée. Les hommes les plus primitifs sont aussi les moins belliqueux. Le bellicisme semble croître avec la civilisation. Les peuples néolithiques ne connaissaient pas la guerre mais on leur doit l’agriculture, la maison et la poterie.
Quand l’homme devient prépondérant (par rapport à la femme), il a besoin de la domination de l’autre.
Le degré d’agressivité est très variable en fonction des cultures. L’Homme est né pour vivre en association individualisée.
Potentialité innée à répondre agressivement mais ce ne sera le cas que si on le provoque. Les primates en liberté sont très peu agressifs. Les hommes sont dotés de mécanismes psychologiques qui bloquent l’agressivité : sentiment de culpabilité à la pensée de tuer un autre homme.
Elever des barrières entre les hommes (nationalisme, fanatisme, intégrisme, racisme, xénophobie, etc.) engendre l’agressivité.
 
L’Homme est le seul animal à tuer les membres de son espèce sans raison biologique. Il peut même éprouver du plaisir à torturer et à tuer.
Fromm distingue une forme bénigne de l’agressivité qui serait une réponse à une mise en danger (légitime défense). L’agressivité réactionnelle et défensive est exaltée par les dirigeants en période de guerre. Le sadisme est une forme d’agressivité maligne.
 
Deux moyens de s’affirmer face aux autres :
 
·         l’agressivité (combat)
·         l’union (amour, amitié).
 
Le narcissisme individuel est à l’origine de l’agressivité. Le narcissique critiqué et mis en doute deviendra agressif par susceptibilité. Le narcissique est incapable de se mettre à la place des autres, de prendre une distance avec lui-même et de se juger. Il dépend de ses admirateurs qui doivent le flatter et le gratifier.
Les enfants trop gâtés et surprotégés deviennent narcissiques et, s’ils sont frustrés, ils deviendront agressifs.
Le narcissisme négatif est une concentration sur soi, ses problèmes et ses frustrations.
Le narcissisme de groupe est le plus dangereux, il s’agit d’une fusion à une collectivité, une religion ou une idéologie qui mène au fanatisme. Ceux qui pensent différemment sont exclus de l’espèce humaine et il faut donc les éliminer, les combattre ou les dominer pour les faire adhérer. Ce qui importe, c’est de remporter la victoire sur l’autre par tous les moyens (ex. : islamisme).
 
Se sentir supérieur donne une fausse confiance en soi et une fausse identité. Mais l’inférieur peut désobéir et chercher à dominer à son tour ce qui crée la combativité par l’humiliation. Lutte contre les menaces de la supériorité. Cette dépense d’énergie dans la combativité procure du plaisir, c’est un moyen de se fuir soi-même. La compétition et le combat sont une solution de facilité, on obéit à des automatismes, ce qui évite la réflexion.
 
Toute relation de dépendance suscite l’agressivité car elle empêche de s’affirmer et d’affirmer son autonomie.
Le fait de ne pas être reconnu par les autres suscite l’agressivité.
On distinguera la compétition (où l’on cherche à dépasser l’autre) de l’émulation (où l’on cherche à égaler l’autre). La relation combative est différente de la relation de dialogue, d’échange et de la relation créatrice. Dans cette relation, l’individu se sent en égalité avec l’autre, il cherche à le comprendre et à s’enrichir à son contact. Autonomie et union en même temps.
Nécessité de donner à l’enfant des valeurs sûres, des modèles d’amour et de calme, lui apprendre à respecter l’autre en tant qu’individu.
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